égaré ou personne dyx

Image de couverture représentant un visage triste, perdu.  Il a des flèches autour de la tête, partant dans toutes les directions. Cela représente le nombre de choses auxquels un dys doit penser au quotidien 

 

Vous savez, ce qu'il y a de bien depuis que je connais plusieurs personnes dys? 

 

C'est que je comprends de mieux en mieux comment je fonctionne.

 

Et aujourd'hui, je voudrais revenir sur quelque chose qui est très mal compris, même de nos familles et de nos proches.

 

La charge mentale des dys au quotidien.

  

Si vous êtes parent/conjoint/proche d'une personne dys, vous avez sûrement remarqué que :

 

  • Il oublie régulièrement ses affaires dans la salle de bains (chaussettes, slip, vêtements)

     

  • Il oublie de reboucher le dentrifice

     

  • Il oublie de vérifier la propreté des toilettes après son passage parfois

     

  • Il ne se rend pas compte qu'il met de l'eau/des cheveux partout dans la salle de bain

     

  • Il « oublie » de faire son lit, de ranger son bureau, sa chambre, que sais-je encore

     

  • Quand il prend son petit-déjeuner ou son repas, il oublie de débarasser son assiette ou néglige un verre resté sur la table

     

  • Il oublie de fermer les portes 

….etc...etc...etc.

 

Vu, comme un manque de respect envers autrui. Considéré comme un signe d'égoïsme ou un manque d'hygiène.  Dans le meilleur des cas, on sait que la personne ne le fait pas exprès mais on pense qu'il suffit de volonté et de vouloir «faire attention » pour que ça s'arrange.

 

Je vais tâcher d'expliquer pourquoi ça  ne peut pas se résoudre en faisant JUSTE attention.

 

Pour cela, il est d'abord important de distinguer 3 types de difficultés  qui s'accumulent chez les dys

 

1) Les difficultés d'organisation et de planification des actions.

 

Rappelons tout d'abord que les troubles dys sont des handicaps cognitifs qui provoquent des problèmes d'organisation, de gestion et de planification,  De ce fait, la personne dys a du mal à planifier des actions (même anodines).

 

Si vous demandez à une personne « normale » de ranger la table, elle va organiser cette action pour pouvoir l'effectuer de façon logique et efficace . Par exemple, elle va faire la chose suivante :

 

  1. Je ramène les assiettes dans l'évier

  2. Je mets les assiettes dans le lave-vaiselle

  3. Je ramène les couverts dans l'évier

  4. Je mets les couverts dans le lave-vaiselle

  5. Je ramène les verres dans l'évier

  6. Je mets les verres dans le lave-vaiselle

  7. Je mets la nourriture dans des petits plats

  8. J'emballe les plats sous plastique et je les mets au frigo

  9. Je range les objets annexes : bouteilles d'eau, serviette...etc

 

En tout, je planifie donc 10 micro-actions qui vont me permettre d'effectuer cette tâche de manière organisée. 

Maintenant, imaginons 5 minutes que cette partie du cerveau qui vous permet de découper et d'organiser les tâches fonctionne mal.

La conséquence va être assez simple à imaginer :vous allez avoir du mal à organiser vos actions de manière logique, et donc vous risquez « d'oublier » des trucs....Comme vous le voyez,  le terme « oubli » est impropre, car cela ne vient pas vraiment d'un problème de mémoire ! Seulement d'un souci d'organisation et de découpage des actions  !

 

Et c'est pareil pour à peu près tout. Le simple fait de se brosser les dents demande une succession d'actions organisées. Essayez pour voir de compter la succession de micro-actions que chaque acte du quotiden vous demande.

 

  1. Les difficultés de coordination et d'automatisation des actes manuels/physiques

 

À cela s'ajoute les difficultés d'automatisation des actes manuels et physiques. 

 

En effet, les personnes dyspraxiques ont des difficultés à coordonner et automatiser  les actes manuels et physiques « simples » :

 

  • Faire ses lacets

     

  • Boutonner sa veste/sa chemise

     

  • Mettre ses chaussettes

     

  • Ouvrir une bouteille de lait/un emballage plastique, une porte un peu dure...etc

     

  • Nager

     

  • Conduire

     

  • Faire du vélo

     

  • Ecrire/dessiner à la main

 

Mais aussi :

 

  • Se coiffer 

     

  • se maquiller 

     

  • S'épiler 

     

  • Mettre des serviettes hygiéniques, des tampons... 

 

etc, etc, etc... 

 

3. Ajoutez à cela encore la fatigabilité.

 

 

Le problème, c'est que cette liste de choses à penser est longue comme le bras mais invisible pour l'entourage . Entourage qui souvent, ne se rend pas compte des efforts effectués chaque jour pour simplement vivre en famille ou en communauté. Et qui se focalise sur les oublis récurrents :

 

Source: Externe

 Gif :  Popeye jonglant avec des quilles 

 

Le problème ,c'est qu'à force, d'avoir un dys qui fait facilement des maladresses et des oublis à la maison, il est tentant de lui attribuer tous les petits couacs du quotidien.

« Qui a ENCORE fait ceci ?»

 

D'emblée, l'enfant dys est le premier soupçonné par les parents, car officiellement maladroit et « tête-en-l'air ». Le coupable idéal, en quelque sorte. À force, cela peut rapidement tourner à la mauvaise ambiance à chaque fois qu'un petit problème survient.

 

Et même si l'entourage ne soupçonne pas directement ou ouvertement l'enfant dys, à force de recevoir régulièrement des reproches plus que les autres, on finit par se sentir inquiet au moindre problème.  A cause de cela, la personne dys risque fort de développer des comportements d'hypervigilance, qui peuvent rapidement devenir épuisants pour lui.

 

Être sans arrêt obligé de faire attention à tout ce qu'on fait de plus anodin au quotidien, n'a rien d'agréable,et surtout, n'est pas vivable sur le long terme. Cela peut détériorer les relations familiales et surtout, convaincre la personne dys qu'elle n'est pas faite pour vivre avec les autres, qu'elle est dotée d'un défaut rédhibitoire à la vie ensemble. 

 

D'ailleurs, sachez que si ça pouvait se résoudre en faisant JUSTE ATTENTION, ça fait longtemps que j'y aurais remédié. Car ça touche à notre hygiène intime et à notre perception par autrui. Cela nous met donc assez régulièrement dans des situations sociales qui sont extrêmement délicates, et souvent humiliantes.

 

Alors, s'il vous plaît, soyez patients ! 

 

Source: Externe

Gif : deux petites créatures souriantes, assises l'une à côté de l'autre, qui discutent  

 

Crédits photos :  

 

Giphy //All rights reserved Popeye

Gifphy //All rights reserved Ruok