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Description de l'image : un panneau rouge barré, et au milieu, un personnage  qui tend la main, comme pour arrêter quelqu'un ou quelque chose)

Bonjour à tous

Bon allez... 3e (et dernière) partie de mon témoignage sur les AESH/ AVS.

Comme vous le savez peut-être, mon précédent billet couvrait la période primaire de ma scolarité. Mais, mes années collège ont également été riches en rebondissements divers et variés dont je voulais vous faire part ! Car mon parcours du combattant avec les AVS n'était clairement pas terminé !

Reprenons donc...

CM2-6ème : Pause bienvenue 


 

Après le départ de la pas-du-tout-regrettée S..., on m'a attribué une nouvelle AVS.

C'était une personne formidable(ça existe aussi, si, si,si !), compétente, très gentille et surtout EQUILIBREE ! Elle faisait du bon boulot, et est restée 2 ans. (CM2-6ème). Tout se passait à merveille.

Sauf que, bien sûr, à la fin des deux ans, elle fut envoyée auprès d'un autre enfant (instabilité du travail d'AVS, bonjour!)

 

5e : Une AVS (très) dépressive 


 

À mon entrée en 5e,on m'envoya donc une énième nouvelle personne. 

Dès la première seconde du premier jour où je l'ai vu, j'ai senti que quelque chose n'allait pas avec elle. Elle était...amorphe. Apathique. Tenir debout paraissait déjà représenter un exploit pour elle. Elle semblait avoir le plus grand mal à garder les yeux ouverts.. Elle dormait littéralement en cours ! . Au mieux, ses yeux étaient à demi ouverts, et une brume de flou total paraissait noyer son regard en permanence

En clair, elle était complètement shootée h/24.

Elle ne parlait presque pas, même pour dire « bonjour », et lorsque c'était le cas, c'était toujours d'une voix lente, laborieuse, comme si elle sortait à peine du sommeil.

Elle ne faisait pas son travail, ne suivait rien, ne comprenait rien. Comment l'aurait-elle pu, sachant qu'elle ne parvenait même pas à rester éveillée ?

 David After Dentist - Is this real life

Mes parents ont supposé qu'elle était dépressive et qu'elle devait prendre un maximum de comprimés,antidépresseurs et autres pilules qui assomment...C'est effectivement la seule explication qui me paraît plausible pour expliquer un tel état psychologique.

Et moi, je ne savais pas quoi faire. J'étais débordée par le travail qu'elle ne faisait pas, je me couchais à des heures indues pour assumer ce boulet. Mais je ne pouvais même pas me mettre en colère. Tout glissait sur elle, rien ne semblait l'atteindre. Je ne connaissais pas encore la dépression, mais je voyais bien qu'elle n'allait pas bien. Une personne aussi... végétative ne peut pas aller bien. Elle m'agaçait terriblement, mais j'avais pitié.

 Description du gif : Eren, le personnage de l'attaque des titans, l'air hagard, prononce une phrase inaudible sous l'air effaré et effrayé de son ami) 

Source: Externe

 

Comme elle ne faisait rien et qu'elle devait en avoir conscience, malgré son état de délabrement intérieur, elle tenait absolument à porter mon sac. Jamais personne ne l'avait fait et cela me gênait beaucoup par rapport à mes camarades. J'avais l'impression de me faire servir. Mais, comme je voyais qu'elle était totalement désœuvrée, j'ai fini par la laisser faire.

Malheureusement, même cela, elle n'était pas capable de le faire correctement. Un jour, en posant le cartable sur la table, elle s'est débrouillée, je ne sais comment, pour en faire tomber mon imprimante.

 Description du gif : Homme qui soupire en gonflant fort les joues, l'air exaspéré en faisant "Pfff") 

Source: Externe

 

La pauvre était misérable, elle en pleurait presque, et moi je ne savais plus quoi dire. Par chance, le matériel n'avait rien.

Dès le début, mes parents ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour la renvoyer. Quand j'y pense, je suis désolée pour elle, çela n'a certainement pas arrangé sa dépression. Mais je ne pouvais pas continuer à la porter à bout de bras. J'avais déjà ma scolarité et mon handicap à gérer.

Comme pour S..., ça a été tout un chambardement pour s'en débarrasser. Des gens de la MDPH sont venus pour écouter ce que nous avions à dire, moi et une autre enfant dont elle avait la charge. Nous étions appuyés par nos parents. Nous avons dû témoigner contre elle. Les gens de la MDPH n'ont jamais été très chauds pour reconnaître les torts de leur personnel, et surtout l'erreur qu'ils avaient commise en nous envoyant des « aides » comme celles-là. Mais face à l'insistance de mes parents, , elle a fini par partir

Heureusement, ayant toujours eu un bon niveau scolaire, j'étais parvenue à ce que mes résultats ne soient pas directement impactés par sa présence.

 Révolte 


 

Néanmoins, à partir de ce jour-là, j'ai sérieusement commencé à avoir peur.  Cela faisait déjà 2 personnes déséquilibrées, 2 années perturbées dans ma vie. 2 fois que l'école devenait un calvaire quotidien. J'en avais assez, j'étais en colère et, surtout, j'avais peur. 

Et surtout, je me posais la question suivante :Si avoir une AVS s'avérait plus handicapant que de ne pas en avoir, pourquoi ne pas se débrouiller seule ? 

Alors, quand ma mère m'a dit, comme ça, sans y penser, pendant les vacances d'été :

« Bon, il va falloir penser à te retrouver une AVS pour l'année prochaine »

-Non.

Ma mère m'a regardée, stupéfaite

 Bah, si.

- Non.

 Description du gif : Homme qui se retourne et hurle "No! GOD NO ! " "NOOO !" 

Source: Externe

 

Un bloc de granit. Du béton. Rien n'a pu me faire changer d'avis.

Et c'est comme ça que j'ai commencé à me disputer avec mes parents pour ne plus avoir d'AVS. J'avais 13 ans. La dispute fut exceptionnellement violente et dura toutes les vacances.

Mes parents ne comprenaient pas mes arguments et surtout ne me pensaient pas capables de m'en sortir sans AVS. Ils n'avaient jamais envisagé que je puisse me passer d'aide. Ou même, que je puisse ne plus VOULOIR d'aide,malgré tout ce qui était arrivé. Pour eux, l'AVS, c'était jusqu'à la fin de mes études, supérieur compris. Je me souviens de ma mère, me criant à bout de nerfs :

 « Si tu n'as pas d'AVS, tu n'auras pas ton brevet, tu n'auras pas ton bac ! »

Cette phrase m'a profondément blessée, tout comme leur manque de confiance en moi, mais je n'ai rien lâché. 

Finalement,nous sommes arrivés à un compromis : je n'aurai plus l'AVS en permanence avec moi en classe, mais nous travaillerions ensemble 2 soirs par semaine pour qu'elle supervise mon organisation, et surtout qu'elle m'aide en maths, la seule matière où j'avais vraiment des problèmes, à cause de ma dyscalculie sévère. J'ai accepté pour leur faire plaisir, en espérant que tout irait bien.

Nulle en maths et début d'autonomie 

Je n'en menais pas large en arrivant en 4ème. Mine de rien, j'avais peur d'échouer sans une aide plus soutenue. J'imaginais la tête de mes parents si mes notes chutaient, parce que l'AVS n'était plus là pour me chaperonner. L'air entendu de ma mère lorsqu'elle me dirait

« Je te l'avais bien dit, tant pis pour toi ! »

Mais tout se passa bien. En fait, je sentis à peine le changement. Preuve s'il en est que j'étais certainement prête au sevrage depuis un moment.

La nouvelle AVS à mi-temps était une femme gentille et équilibrée, qui semblait vouloir bien faire.

 

Il y avait juste un tout petit problème....

Elle ramait autant que moi en maths !

Je crois que c'est à ce moment-là que je suis devenue dingue...

Description du gif : Le chapelier fou et le lapin de Mars du Disney Alice au Pays des Merveilles, versent le thé, trinquent et échangent leur tasse pour boire, de manière frénétique)

Source: Externe

 

C'était à mourir de rire ; chaque fois que je la retrouvais nous nous penchions sur mes leçons. Je voyais bien qu'elle ne pigeait pas plus que moi. Alors, elle cherchait des explications dans le livre.  Quand elle les dénichait enfin, elle ne comprenait pas plus qu'avant.

Pour la tirer d'embarras, je suggérais des hypothèses aussi aberrantes les unes que les autres. Elle en fournissait aussi, au hasard On tatonnaient comme cela, comme deux aveugles essayant de se guider l'un-l'autre. 

Dans ces moments-là, il me fallait toute la force de ma volonté pour ne pas éclater de rire. Je pensais à mes parents qui s'étaient littéralement arrachés les cheveux pendant 2 mois pour que j'accepte "l'aide" de cette dame .. et j'avais les mêmes notes en maths que si j'avais tout fait seule !

Description du gif : Deux minions (de Moi, Moche et Méchant) éclatent de rire en coeur) 

Source: Externe

Ainsi, ces soirées inutiles étaient devenues mon quart d'heure de rigolade intérieure.

 

J'ai rapidement parlé de cette situation à mes parents. J'avais peur qu'ils ne pensent que j'inventais tout, dans le seul but de me débarrasser de l'AVS, mais mes notes de maths étaient suffisamment éloquentes.

Cette fois, mes parents, de guerre lasse, renoncèrent et l'on pria gentiment l'AVS de s'en aller.

À partir de là, je suivis ma scolarité seule, en autonomie. Et, je n'étais pas peu fière d'y arriver si bien.

Encore aujourd'hui, je considère cela comme une grande victoire personnelle. Dans la foulée, j'ai également dit adieu à toute réeducation.

 

Et pour ceux qui se demandent ; j'ai obtenu mon brevet et mon bac...avec d'excellents résultats.

Ann-Margret BYE BYE BIRDIE title song